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| Mariage forcé
: une réalité qui perdure |
Le mariage est l'union de deux
êtres qui s'aiment et qui veulent construire un foyer dans lequel
il sera possible de fonder une famille faisant partie du socle de
la société marocaine. Seulement, dans certaines régions
du Maroc, les jeunes filles sont toujours soumises au mariage forcé.
Même si le code de la famille a connu un véritable changement
en matière des droits féminins, il n'empêche que
la pratique n'a pas encore suivi. Certes, ce serait trop tôt
puisque ce genre de transformation ne s'opère pas en un jour
mais il est malheureux que ces modifications ne puissent pas profiter
à certaines jeunes filles, notamment dans le monde rural.
Nous remarquons souvent les pères de famille qui viennent chercher
leurs filles travaillant comme bonnes pour les marier(qu'elles aient
18 ans ou non). Personne n'y peut rien, encore moins s'imposer.
Il s'agit d'un rapport familial dans lequel toute intervention serait
indiscrète et déplacée. Mais lorsque le législateur
a fixé l'âge matrimonial à 18 ans au même
titre que les garçons, il aurait dû également
tenir compte des coutumes qui existent dans une société
traditionnelle telle que la nôtre.
Si une jeune fille est forcée à se marier, comment peut-elle
refuser si ce n'est en se révoltant contre sa famille: "Ma
cousine est âgée de dix huit ans et ses parents l'obligent
à épouser un homme de vingt ans son aîné.
C'est réellement choquant car non seulement, ce monsieur est
âgé mais divorcé et père de trois enfants
en bas âge.
Nadia est une adolescente et mon oncle ne veut pas entendre raison.
Il considère que c'est un bon parti et qu'il saura prendre
soin d'elle parce-qu'il estime que les jeunes d'aujourd'hui ne sont
pas assez sérieux…C'est injuste, il va ainsi l'obliger
à se marier avec un homme vieux qui la confinera dans le rôle
d'une femme au foyer devant éduquer ses enfants. Une charge
trop lourde puisqu'elle n'est préparée à celle-ci.
Elle est menacée de se retrouver à la rue si elle n'obtempère
pas…"raconte Najiba, une jeune fille de 27 ans.
Le mariage forcé engendre de graves conséquences
Vous marier contre votre gré revient à dire que vous
êtes appelée à supporter une situation indépendante
de la vôtre. Vous refoulez votre envie pour vous soumettre à
la volonté d'autrui. Ce qui peut être une source de frustration
et d'amertume.
Inutile de nous voiler les yeux en disant que les mariage forcés
ne sont plus d'actualité. Ceux-ci restent nombreux aussi bien
dans les familles bourgeoises que pauvres. Et les seules causes, au
niveau des deux couches sociales, demeurent principalement l'argent
et l'honneur de la famille.
Mais cet honneur, si cher aux cœurs de nos hommes marocains,
n'est-il pas bafoué lorsqu'on vend sa fille à un homme
qui se contentera de la déflorer et de la considérer
comme faisant partie de ses biens ?
Une situation sur laquelle il convient de méditer car bien
que nous soyons protégées dorénavant par les
règles de droit, il n'en reste pas moins que ces dernières
peuvent être contournées sous la pression familiale.
Alors, prenons notre rôle de citoyens en considération
et tentons de sortir de ce tourbillon de consommation dans lequel
nous avons pénétré. Car lorsque nous en venons
à signer des contrats de mariage comme des contrats de vente,
il est malheureux d'hypothéquer de la sorte, l'avenir de nos
jeunes filles.
Un avenir qui finit par devenir grisâtre puisque les jours fileront
et se ressembleront. Les disputes s'installeront et un fossé
se creusera au sein du couple répercutant ainsi des effets
néfastes sur l'éducation des enfants. Il serait vain
de se plaindre, par la suite, si votre petit-fils prend le mauvais
chemin…La bonne clé reste à jamais l'équilibre
au sein de la famille !
Menara
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